NOTICING OUR WORLD.

Avec ces chroniques nous partageons avec vous nos observations sur la vie des marques à travers le monde.

CECILIA MARTINEZPARIS

Nous le savons tous : le marché du « Bio » émerge un peu partout, agissant comme une tendance forte.

Bonjour, c’est Cécilia Martinez de Brandimage Paris. Nous sommes devant Naturalia, le leader parisien des supermarchés bios. Il compte entre 3000 et 5000 références de produits organiques. Les premiers Naturalia se sont ouverts en 1973, et ils sont désormais une quarantaine à Paris et en région parisienne. Nous le savons tous : le marché du Bio émerge un peu partout, agissant comme une tendance forte. Ce que nous savons moins, c’est que Naturalia a doublé son chiffre d’affaires en trois ans. Et qu’il s’agit donc d’un marché plutôt lucratif. Nous sommes devant un magasin Naturalia Beauté Bio, qui est une extension du Naturalia original. Cette chaîne a ouvert il y a environ un an. Chaque Naturalia Beauté Bio dispose d’une centaine de mètres carrés totalement dédiés aux cosmétiques bios. Ce marché est estimé à 150 millions d’Euros, ce qui représente pas mal d’argent. Beaucoup de marques, plus ou moins connues, se disputent ce marché. La marque Weleda vous dit certainement quelque chose, car elle a été une des premières marques bios, mais on y retrouve également quelques nouveaux venus. Parmi eux, la marque Kibio, qui est assez confidentielle, mais derrière laquelle se cache la célèbre marque française Clarins. Monoprix est une enseigne de supermarché assez tendance. Du vin au textile, on peut tout y trouver. Il y a 10 ans, cette enseigne s’était déjà lancée dans le référencement des produits bios et éthiques. Monoprix est aujourd’hui l’un des plus importants acteurs sur le créneau des supermarchés urbains un peu trendy. Et il vient juste de racheter Naturalia, ce qui lui apportera une crédibilité supplémentaire dans le domaine du « bio ».

TIM SALACHCINCINNATI

Le développement durable s’impose alors que notre modèle économique montre ses faiblesses.

Bonjour, c’est Tim Salach. Je suis directeur financier de Brandimage. Aujourd’hui je me suis rendu sur un marché fermier, pour vous parler d’une interaction intéressante entre le marketing et l’économie. Pourquoi un marché fermier ? Parce ce que je pense depuis longtemps que « le local est l’avenir du bio ». Je vois le retour à l’approvisionnement local et l’intérêt pour le développement durable comme une réponse aux questions que les sciences économiques ne peuvent résoudre. Laissez-moi passer en revue avec vous l’histoire de la pensée économique, de sa naissance à sa faillite actuelle, et ensuite je vous exposerai comment cette science interagit avec le marketing. La pensée économique occidentale est née dans le courant du 18ème siècle. Adam Smith croyait qu’une main invisible guide le marché. C’est-à-dire que les consommateurs sont libres d’acheter ce qu’ils veulent, que les producteurs sont libres de vendre ce qu’ils veulent, de le produire comme ils le veulent, et de le vendre où ils le veulent. L’offre et la demande vont se rencontrer et s’équilibrer pour satisfaire le consommateur, le producteur, et la société en général. C’est séduisant de simplicité. Par exemple, si vous voulez envoyer un produit à l’étranger et en tirer un profit, personne ne peut vous en empêcher. Cette logique permet d’importer de l’eau des Iles Fiji et de construire des parcours de golf en plein désert. L’air conditionné en est un autre bon exemple. Parce qu’il nous permet de nous installer dans de vastes territoires du Sud-Ouest des États-Unis. L’idée c’est que, si vous êtes capable de payer pour faire marcher l’air conditionné chez vous, c’est que vous avez le droit de la faire fonctionner tant que vous voulez. Nixon avait l’habitude de le faire tourner à plein régime, si bien qu’on aurait pu allumer un feu dans les cheminées de la Maison Blanche en plein mois d’août. C’est la parfaite application de : « Si tu peux te le payer, pourquoi pas ? ». La main invisible se heurte cependant à ce qu’on appelle les externalités. Il s’agit des coûts qui ne sont pas pris en compte lors des transactions. Par exemple, si une espèce intrusive s’est embarquée avec le produit lors de son importation, personne ne va payer pour les dégâts causés dans le système environnemental du pays importateur. Ceux qui peuvent se payer l’électricité, ne payent pas pour les émissions de CO2. Il n’y a pas de main invisible qui empêche la fonte des glaces au Pôle Nord. Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, a ainsi pu déclarer : « la seule raison pour laquelle la main invisible est invisible, c’est qu’elle n’existe pas ». Voici pourquoi je vous parle aujourd’hui de ce marché. Je pense que les gens commencent à percevoir que, même si l’économie fonctionne, ils ont aussi à agir dans l’intérêt des générations futures. A projeter leurs actions dans le temps. L’approvisionnement local est important dans le concept du développement durable, car les produits ne viennent pas de loin, et qu’il n’ont pas pu entraîner une consommation d’énergie fossile. Et les possibilités pour qu’une espèce intrusive ait pu s’immiscer dans le circuit de distribution sont minimes. Les marchés fermiers sont un bel exemple d’approvisionnement local. Bon, mais qu’est-ce que tout ceci a à voir avec le business ? Et bien, c’est que le développement durable peut être un critère de différenciation. Les consommateurs attendent des produits qui portent cette valeur en eux. Vous pouvez créer la différence en mettant cet argument en avant. Et mieux vaut le promouvoir que d’attendre que le bouche-à-oreille fonctionne. C’est au responsable marketing de mettre tout en œuvre pour que cela se sache. C’était Tim Salach, qui observait le monde et le développement durable en marche au marché fermier de Cincinnati.

ELIOT SCHREIBERNEW YORK

Réflexions à FUSE, conférence de design de marque à New York

Nous sommes à la conférence FUSE à New York. Cet événement annuel rassemble un groupe éclectique de professionnels de toutes les disciplines - Marketing, Stratégie, Etudes consommateur, Design - avec des artistes, des auteurs et autres esprits créatifs pour nous inspirer tous et nous aider à mieux travailler dans nos métiers respectifs. Cette année ne fait pas exception. Cela a été une conférence formidable. La chose qui m'a le plus frappé en écoutant les présentations est l'influence que le design peut avoir pour réaliser un changement positif de la société. Nous avons vu des présentations d'entrepreneurs qui mettent en place des opérations de marketing citoyen autour de leurs marques. Certains développent des systèmes de purification ou de distribution d'eau dans différentes parties du monde, d'autres ont soutenu la communication d'importantes annonces de service public par des campagnes d'affichage très innovantes et créatives. Ce que je retiens est que les consommateurs pensent de plus en plus visuellement, qu'ils sont émotionnellement connectés et qu'il est essentiel de se servir de la puissance du design pour contribuer à cette évolution. C'est un domaine formidable pour explorer de nouvelles possibilités à travers le design, au delà de simples aspects commerciaux pour s'engager dans une démarche plus large vers un changement de société. Eliot Schreiber - FUSE 2008

KAREN SCHNELWARNEW YORK

SAVE, petit magasin à SOHO s'appuie sur une grande idée

Voici la première chronique de  N.O.W. - Noticing Our World. Nous vous y livrons nos observations sur notre quartier, notre ville, et le monde qui nous entoure. Nous sommes à New York, dans le quartier de « Noho », au Nord de Houston street, juste au-dessus de Soho. C’est ici que se trouvent nos bureaux. Nous adorons ce quartier qui est encore en développement et n’est pas envahi par les magasins. Il ne se passe pas un jour, une semaine ou un mois sans que nous puissions apprécier ses transformations au gré de nos promenades. Cet ensemble de bâtiments-là, est un de nos préférés, car il forme un triangle, très atypique pour la ville de New York. Le premier immeuble, qui constitue la pointe de ce triangle, abrite un magasin de sandwichs. Sa pancarte le compare à une « proue de navire ». Ces bâtiments font tout maigrelets. Les magasins y sont très étroits et ont aussi la particularité, assez inhabituelle, d’avoir des fenêtres qui donnent des deux côtés. Lors d’une promenade au hasard dans le quartier, à la recherche d’un endroit pour déjeuner, un magasin a particulièrement attiré notre attention. P7 C’est le mot « SAVE » dans la vitrine, qui nous frappé, en tant que nom de magasin. Il nous semblait intéressant de vous parler de cette enseigne, qui s’appelle en fait « SAVE Khaki », parce qu’elle suscite des réflexions sur les tendances sociologiques, culturelles et commerciales. La façon dont est aménagé ce magasin traduit l’essence même de la marque : parquet non traité très simple, charpente en bois apparente… On dirait presque… du bois de récupération. Son identité visuelle et ses packagings sont empreints d’une simplicité intéressante et efficace. Ils semblent utiliser beaucoup le papier carton et des matériaux de récupération, comme des gobelets pour le café, etc… Le logo « SAVE » est comme tamponné, ou peint au pochoir, sur chaque emballage. On pourrait mettre en cause cette approche qui peut sembler industrielle et déshumanisée. Mais comme les empreintes « SAVE » ont l’air finalement toutes légèrement différentes les unes des autres, elles nous ramènent plutôt à la personnalité et à l’individualité de la personne qu’on imagine les appliquant sur chaque emballage. Il y a peu d’articles en vente ici, mais ceux qu’on trouve sont très bien réalisés, on y reconnaît l’amour des choses bien faites. Leurs vêtements en coton ont une allure joliment vintage et rendent vraiment bien dès qu’on les enfile. Ils ont fait sérigraphier le logo de leur marque à l’intérieur. C’est une tendance de toute l’industrie du vêtement : quelque chose de très confortable, un effet « seconde-peau », des matières pures. Leurs vêtements sont respectueux de l’environnement et aussi plus respectueux pour votre peau. Leur coton vous semblera véritablement unique comparé à ceux d’autres marques industrielles parce que chaque pièce est personnalisée. Aujourd’hui notre environnement est tout sauf simple et calme. Tout est sur- médiatise, marketté, produit en masse, mondialisé, et les gens sont connectés en permanence avec internet et tous les moyens de télécommunications. Je pense qu’une telle marque représente une bonne alternative à ce monde sur-stimulé, sur-marketté et surexcité. Ici, les gens peuvent trouver des petites choses bien faites, à l’aspect tendrement vintage, qui les rend proches de nous, même la première fois qu’on les met. Comme un doudou dans votre armoire à vêtements. La simplicité qui émane de ces articles, les rend essentiels, évidents. Je pense qu’il se dessine un vrai désir et une vraie tendance du retour à l’authenticité, dans ce monde où tout est fabriqué en masse et où tout le monde possède un milliard de choses. Vous retrouvez résolument un message de simplicité qui colle avec le nom de la marque et avec une volonté de préservation de la planète. Karen Schnelwar
New York City

RENÉE PEETNEW YORK

Nous présentons ici une nouvelle série créée par brandimage

Nous présentons ici une nouvelle série créée par Brandimage : Noticing Our World (notre regard sur le monde). En tant que designers stratèges de la marque il est essentiel pour nous d’observer le monde autour de nous, de relever ce qui nous engage émotionnellement, ce qui nous intrigue intellectuellement pour nous stimuler dans notre travail : créer des marques et leur donner vie. Changer simplement de point de vue peut changer l’expérience qu’on a d’un lieu ou d’une chose – la rendre plus riche, lui donner plus de sens. Pensez à la première fois où vous vous êtes trouvé au-dessus d’une ville et que vous avez perçu la vie fourmillante en bas et l’interconnexion des rues et des immeubles. Ou les petites oasis calmes des jardins sur les toits. Une oasis dans la ville, une oasis n’importe où, mais une oasis en ville, c’est très important – on a besoin d’espaces calmes pour réfléchir au monde autour de nous. C’est important d’être en relation avec lui, mais il nous faut aussi ce lieu où on peut s’évader, se poser, et prendre un peu de recul. Surtout quand la ville est si frénétique autour de nous. Times Square est le carrefour ultime, rempli d’annonces, signes, messages, tous accaparent notre attention. Toutes ces couleurs, la foule en mouvement et les lumières reflétées sur les immeubles autour. C’est une œuvre d’art en mouvement, qui change de minute en minute. Times Square est vraiment l’épicentre des marques. Dans leur forme la plus simple, les marques sont une sorte d’annonce d’un produit ou d’un service. Mais les marques sont bien plus que ça. Si on repense aux origines du branding, il s’agit littéralement de marques apposées sur des personnes ou des objets pour signifier une appartenance ou une identification particulière. Et dans certaines cultures anciennes, le tatouage et les marques de scarification étaient d’abord vues comme un reflet de l’âme et de la personnalité. L’expression de soi, l’identification de l’être humain. Sans vouloir être trop solennelle, les marques sont liées aux questions fondamentales que nous nous posons. Qui sommes-nous ? À quoi appartenons-nous ? Est-ce tout ? Renée Peet. Noticing Our World à New York